Article extrait du n°48 (suite), reproduit avec l'aimable autorisation du journal.

Avant d'en arriver là, la première étape a consisté à rassembler le maximum de documentation sur les voitures, sur les bâtiments, sur les décors et sur les costumes. Tâche d'autant moins évidente que les documents de cette époque ne sont pas légion. Peu à peu le diorama s'est précisé dans la tête de Jean-Claude. Aussi, la première chose qu'il a faite pour visualiser "son histoire" a été de la dessiner. Une photo peut permettre de réaliser une scène, mais pas l'ensemble d'un tel diorama. Celui-ci ne peut donc qu'être un condensé imaginaire d'une multitude de scènes. Il effectue donc plusieurs vues en perspective de sa saynète, ce qui permet de cadrer le ou les événements à mettre en valeur. Une fois le décor, les voitures et les acteurs définitivement mis en scène, il en réalise chaque fois un plan d'implantation dans le but d'éviter toute erreur incongrue de dimension ou de placement. Ce plan est d'autant plus précieux lorsqu'il s'agit de réaliser d'imposants bâtiments, à l'exemple de ces stands du Mans 1937. En l'occurrence, c'est en partant des plans du réservoir d'essence situé derrière les boxes, datés de 1931 et fournis par la société (heureusement toujours en activité) qui l'a réalisé, qu'il a pu reconstituer les dimensions des stands.

A droite, le plan retrouvé des réservoirs d'essence qui a permis de dessiner les bâtiments à leur juste hauteur. On retrouve ce réservoir derrière les stands construits en bois. Ceux-ci ont été réalisés à l'aide de baguettes de balsa. Les tôles formant la toiture ont été découpées dans sur carton ondulé (vendu dans les magasins d'art graphique).

Quant à la réalisation, elle est une parfaite application de tous les conseils et astuces développés par lui-même dans les pages de sa rubrique technique au fil des premiers numéros (numéros 1, 2, 3, 4, 5, 8, 10, 14 et 18). Chaque détail est examiné avec soin. C'est la nature des bâtiments qui dicte le choix des matériaux, ici le bois. Tous les accessoires, personnages et voitures sont positionnés "à blanc" jusqu'à ce que l'exactitude de mouvement ou de situation corresponde à l'effet souhaité. Les figurines Denizen, Track-Pass ou le Phœnix sont le plus souvent adaptées, modifiées, ou relookées. Les outils et pièces mécaniques, quand ils n'existent pas chez les accessoiristes, comme les bougies, sont réalisés par ses soins. Les voitures, la Bugatti ou les camionnettes installées derrière les stands, dont les portes ou les capots moteurs s'ouvrent, sont bien entendu également des transformations personnelles. La peinture, les dernières retouches de patine ne viennent qu'au final. C'est ce long et minutieux travail qui donne "vie" à son diorama.

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